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Benazir Bhutto disparait, Fahmida Mirza apparaît

mercredi 19 mars 2008

Le Pakistan a beau être un des berceaux du fondamentaliste islamique contemporain, il est aussi le premier pays musulman à porter au pouvoir des femmes, même un peu voilées. A Benazir Bhutto, assasinée en décembre dernier, succède une de ses adeptes, Fahmida Mirza, une femme médecin de formation, pour occuper une place de choix dans la scène politique.


Par Nasir JAFFRY AFP

ISLAMABAD (AFP) -

Le Pakistan a élu mercredi la première femme présidente de l’Assemblée nationale de son histoire, Fahmida Mirza, une fidèle de l’ancienne Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée dans un attentat suicide en décembre 2007.

Fahmida Mirza, âgée de 52 ans, vêtue d’une robe et d’un voile pourpre, a été élue mercredi présidente de l’Assemblée nationale par 249 voix sur 342 députés.

L’annonce de l’élection de Mme Mirza, première femme à occuper ce poste au cours des 60 ans d’histoire du Pakistan, un pays musulman conservateur de 160 millions d’habitants, a été suivie par une salve d’applaudissements des députés qui ont frappé de la main sur leurs pupitres.

Fahmida Mirza était assurée de l’emporter, à la suite d’un accord entre son mouvement, le Parti du peuple pakistanais de Benazir Bhutto (PPP) et la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), qui ont respectivement obtenu 121 et 91 des 342 sièges de l’Assemblée et vont former un gouvernement de coalition avec d’autres formations.

Son rôle à la tête de l’Assemblée sera crucial alors que les observateurs se préparent à assister à une lutte sans merci entre le gouvernement issu de l’ancienne opposition et le président Pervez Musharraf, qui s’est emparé du pouvoir à la faveur d’un coup d’état en 1999, mais dont les soutiens politiques ont été laminés aux élections.

Mme Mirza, médecin de formation, qui a été réélue députée lors des élections du 18 février pour un troisième mandat, vient de la province méridionale du Sindh, comme Mme Bhutto.

"La présidence de l’Assemblée est une lourde responsabilité et je vais travailler en étroite collaboration avec tous les députés, quelle que soit leur affiliation politique", a-t-elle déclaré à la presse peu avant son élection.

"C’est une femme politique expérimentée et notre meilleur choix. C’est aussi un signe d’encouragement pour toutes les femmes du Pakistan", avait déclaré mardi à l’AFP une porte-parole du PPP, Farzana Raja.

"A travers sa nomination, le PPP veut donner un signal fort au peuple pakistanais et à la communauté internationale, pour montrer que nous croyons vraiment dans la participation des femmes dans le processus politique", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le PPP a annoncé mercredi que Bilawal Bhutto Zardari, le fils de Benazir, est rentré mercredi au Pakistan et qu’il doit annoncer la semaine prochaine le nom de la personne désignée par son mouvement pour devenir le prochain Premier ministre.

Bilawal Bhutto Zardari a été désigné comme l’héritier de sa mère pour diriger le PPP, mais pendant que le jeune homme âgé de 19 ans termine ses études à la prestigieuse université britannique d’Oxford, son père Asif Ali Zardari dirige de facto le parti.

Un consensus ne semble pas encore avoir été trouvé pour désigner le futur Premier ministre, mais le nom de Youssouf Raza Gilani, un lieutenant fidèle de Benazir Bhutto et ancien président de l’Assemblée, revenait souvent mercredi sur les lèvres des membres du PPP.

Il ne pourrait cependant occuper ce poste que de manière temporaire, avant qu’Asif Ali Zardari, le veuf de Mme Bhutto, ne puisse officiellement être désigné.

M. Zardari ne s’était pas présenté aux élections mais il pourrait se présenter dans la circonscription de Benazir, où une élection partielle doit être organisée en mai.

Benazir Bhutto était devenue en 1988 la première femme Premier ministre du Pakistan. Elle est décédée le 27 décembre 2007 dans un attentat suicide à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad.

Les autorités pakistanaises accusent le chef présumé d’Al-Qaïda au Pakistan, Baïtullah Mehsud, "commandant" des talibans pakistanais, d’être l’instigateur de l’attentat, ce qu’il a démenti.

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